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Pourquoi le traumatisme est-il stocké dans le corps ?

  • 3 août
  • 4 min de lecture

Si vous vous êtes déjà intéressé(e) au traumatisme sur Internet, vous avez probablement déjà lu cette phrase :

« Le traumatisme est stocké dans le corps. »


Mais qu'est-ce que cela signifie réellement ?

Une échographie permettrait-elle de retrouver un traumatisme dans nos tissus ?


Pas vraiment.


L'expression « le traumatisme est stocké dans le corps » est une métaphore. Elle ne signifie pas que le traumatisme existe comme un objet physique caché dans nos tissus. Elle décrit plutôt le fait que les expériences traumatiques ne sont pas seulement mémorisées sous forme de souvenirs conscients, mais aussi à travers des changements dans notre système nerveux, notre physiologie et la manière dont notre corps réagit à son environnement, ici et maintenant.


La plupart d'entre nous imaginent la mémoire comme des images du passé conservées dans le cerveau. Pourtant, la mémoire est un phénomène bien plus nuancé.


Il existe la mémoire explicite, c'est-à-dire les souvenirs dont nous pouvons nous rappeler consciemment, comme notre premier jour d'école ou des vacances au bord de la mer.

Et il existe la mémoire implicite. C'est une mémoire inconsciente, à long terme, qui influence nos habitudes, nos réactions émotionnelles, nos schémas de mouvement et nos réponses physiologiques. C'est pourquoi certains lieux, certaines odeurs, certains sons ou certaines sensations corporelles peuvent déclencher de l'anxiété sans raison apparente.


Le traumatisme s'inscrit souvent dans cette mémoire implicite.


Notre système nerveux a une mission essentielle : nous maintenir en vie.


Face au danger, le cerveau réagit avant même que nous ayons le temps de comprendre ce qui se passe. Une petite structure appelée amygdale détecte rapidement une menace potentielle et active nos réponses de survie.


La branche sympathique du système nerveux autonome prépare alors le corps à combattre ou à fuir : le rythme cardiaque augmente, des hormones du stress sont libérées, les muscles se contractent et la respiration devient plus rapide et plus superficielle.

Si ni le combat ni la fuite ne sont possibles, le système nerveux peut basculer vers le figement ou l'effondrement, d'autres stratégies biologiques destinées à augmenter nos chances de survie.


Tout cela se produit en dehors de notre contrôle conscient.


Dans une situation idéale, une fois le danger passé, la branche parasympathique du système nerveux autonome prend progressivement le relais. Notre respiration s'approfondit, les muscles se relâchent et le rythme cardiaque ralentit. Nous retrouvons alors un état dans lequel nous nous sentons suffisamment en sécurité pour nous reposer, digérer et entrer en relation avec les autres.


Mais il arrive que ce processus soit interrompu.


Cela peut se produire après un événement unique particulièrement bouleversant, mais aussi après des mois ou des années de stress chronique, de négligence ou de maltraitance. Le système nerveux continue alors à fonctionner comme si le danger était toujours présent.


Lorsque le système nerveux reste bloqué dans un état de protection, cela peut avoir des répercussions à la fois sur le corps et sur l'esprit, et se manifester par :

  • des tensions musculaires chroniques,

  • une respiration superficielle,

  • des troubles digestifs,

  • des maux de tête ou des migraines,

  • une anxiété persistante,

  • un état d'hypervigilance,

  • des troubles du sommeil,

  • un engourdissement émotionnel,

  • des douleurs chroniques ou certaines maladies auto-immunes.


Bien sûr, tout le monde ne développe pas les mêmes symptômes, et toutes ces difficultés ne sont pas causées par un traumatisme. En revanche, une activation prolongée de la réponse au stress représente une charge importante pour l'organisme et est associée à un risque accru de nombreux troubles physiques et psychiques.


Le traumatisme influence également le cerveau lui-même.


Les recherches du Dr Bessel van der Kolk et d'autres chercheurs montrent qu'il peut modifier les réseaux cérébraux impliqués dans la régulation des émotions, la perception du corps, l'attention et la mémoire. Ces changements peuvent rendre plus difficile le fait de se sentir en sécurité, d'interpréter correctement les sensations corporelles ou encore de réguler ses émotions.


Les expériences traumatiques influencent également la façon dont notre système nerveux interprète le présent.


Notre cerveau utilise constamment les expériences passées pour anticiper ce qui pourrait arriver ensuite. Si notre système nerveux a appris que le monde est dangereux, il peut réagir à des situations du quotidien comme si elles représentaient une menace, même lorsque nous sommes objectivement en sécurité.

C'est pourquoi le traumatisme peut influencer non seulement nos pensées, mais aussi notre posture, notre respiration, notre façon de bouger, nos relations et les sensations que nous ressentons dans notre corps.


Les expériences traumatiques submergent souvent notre système nerveux parce qu'elles sont trop intenses, trop rapides, ou qu'elles surviennent à un moment où nous ne disposons pas des ressources ou du soutien nécessaires pour y faire face.


La guérison se déroule autrement.

Nous ralentissons.

Nous créons de la sécurité.

Nous avançons à un rythme que le système nerveux peut intégrer.


À partir de là, il peut progressivement traiter ce qui était autrefois impossible à traiter et découvrir que le danger est désormais passé.


À mesure que le système nerveux retrouve davantage de sécurité et de souplesse, il devient capable d'accéder à une palette plus riche d'émotions, à une plus grande résilience et à un sentiment plus profond d'être pleinement vivant.


Si vous souhaitez en savoir plus sur le Somatic Experiencing® et sur la manière dont une approche centrée sur le corps peut accompagner la guérison du traumatisme, vous pouvez en découvrir davantage ici.


Envie d'aller plus loin ?


The Body Keeps the Score: Brain, Mind, and Body in the Healing of Trauma - Bessel van der Kolk

In an Unspoken Voice: How the Body Releases Trauma and Restores Goodness - Peter A. Levine

Trauma and Memory: Brain and Body in a Search for the Living Past: A Practical Guide for Understanding and Working with Traumatic Memory - Peter A. Levine


Image by Inge Poelman on Unsplash

 
 
 

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